Panneau: Chés intailles

 

Etangs aux contours rectilignes et rives tracées au cordeau sont les traces encore visibles de l’exploitation de la tourbe dans les hortillonnages. A cela s’ajoute, le nom évocateur de certains endroits. Ainsi, « aux intailles » est le nom d’un lieudit proche d’où vous êtes. Ce mot picard désigne les étangs résultant de l’extraction de la tourbe. D’ailleurs, la vallée de la Somme, parsemée de ces fosses, fut appelée le pays « d’chés intailles »                                                                      .

La tourbe est issue de la décomposition partielle des débris végétaux sur plus de 1000 ans en milieux humides pauvres en oxygène que l’on appelle tourbières                                                                          

Dès le Moyen Age, elle fut utilisée comme combustible en remplacement du bois devenu rare. Elle produisait peu de chaleur mais beaucoup de cendre. Son exploitation perdurera ainsi jusqu’au début du XXème siècle remplacée par le charbon                                   

Elle était extraite par les hommes souvent manuellement, avec un outil appelé « louchet », sorte de grande pelle entourée de ferrures.

En 1786, Eloi Morel, natif de la Somme, améliora les performances de cet outil en l’équipant d’un long manche et l’appela le grand louchet. Il permettait de dégager des pains de tourbe qui, une fois extraits, étaient coupés en brique, puis mis à sécher en tas, les catelets.

 

(Source: Amiens-Métropole)