En prévision d'une Assemblée générale des propriétaires prévue début 2023...

 

AVANT-PROPOS

 

La gestion de nos hortillonnages...

 

Suite au retrait des services d'Amiens Métropole, des changements importants sont intervenus au niveau de la prise en compte des travaux d'entretien des canaux.

En 2018 a ainsi été créée une Association Syndicale des Canaux d'Hortillonnages, une association syndicale constituée d'office, à laquelle vous êtes (en tant que propriétaires), devenus membres à part entière...

Depuis 2018, un groupe de 9 personnes nommées par le Préfet sont chargées d'administrer cette association, de réfléchir à la gestion du site, au montage des budgets, des programmes de travaux, en veillant à répartir les responsabilités et la prise en charge des dépenses entre les différents usagers des "canaux"...

Vous aurez noté que les réflexions ont été menées depuis 4 ans dans la plus grande discrétion. Bien que majoritaires dans le site, vous n'avez bénéficié d'aucune information si l'on excepte quelques annonces dans notre quotidien régional. Quant à l'affichage en mairie, on connaît l'inefficacité d'une telle pratique...

 

Vous aurez à vous prononcer sur les statuts de cette structure au cours d'une Assemblée Générale de l'ensemble des propriétaires, dont la tenue nous est attendue depuis 4 ans ! Elle pourrait se tenir au début de l'année prochaine...

 

 


"SOS Hortillonnages", une association très impliquée dans la sauvegarde de nos hortillonnages

Se reporter à la page suivante pour suivre les actions de "l'Association SOS Hortillonnages"

 

Avec cette nouvelle rubrique nous prenons la liberté de porter à votre connaissance la position de l'association "SOS HORTILLONNAGES" prise à partir de l'analyse des principaux sujets traités par l' Association syndicale des Canaux d'Hortillonnages (ASCH) grâce aux documents  qui ont pu être glanés au cours des deux derniers mois...


NOTE: Mise en ligne des premières pages le 22 octobre 2022. Ce travail va se poursuivre, régulièrement, dans les semaines qui suivent. Durant cette période, certains liens internes ou externes ne pourraient être, momentanément, activés.   


SOS HORTILLONNAGES (*) S'interroge

SOS HORTILLONNAGES interroge...

Rapport de B. Bréart, Président de l'association avec la collaboration de J.M. Sauguret, secrétaire

 

(*) Association loi de 1901, créée le 29 mai 1990 "pour la défense des Propriétaires et de l'Environnement des Hortillonnages..."

 

 

SOS HORTILLONNAGES s'interroge...

 

Les préoccupations de notre association (*) sont actuellement de deux ordres :

1. Le développement anarchique de circuits touristiques avec la circulation des embarcations au cœur de nos hortillonnages, dans un espace majoritairement privé, dénonçant l’absence d’une véritable règlementation.

2.  La création, en décembre 2018 - date des statuts - d’une Association Syndicale Constituée d’Office (ASCO), ayant pour nom : « Association Syndicale des Canaux d’Hortillonnages » afin d’assurer la reprise de l’entretien général du site (curage et faucardement), suite au retrait des services d’Amiens-Métropole.

Association créée en toute discrétion à laquelle serait intégré l’ensemble des propriétaires de parcelles qui attendent, depuis maintenant près de 4 ans de la tenue d’une « Assemblée générale des Propriétaires » (comme le prévoit d’ailleurs les statuts).

Plusieurs réunions ont été en effet tenues depuis quatre ans afin d’arrêter le mode d’organisation à mettre en place pour assurer les travaux d’entretien des « canaux d’hortillonnages » (travaux de curage et de faucardement), la répartition des responsabilités et des dépenses, la proposition de nouvelles missions…

 

Les réflexions engagées par un groupe de 9 personnes nommées par le Préfet font l’objet de rapports, comptes-rendus, délibérations qui ne sont, à aucun moment, portés à la connaissance des intéressés, à savoir les propriétaires.

Nous nous interrogeons sur la sous-représentation - voire la non représentation - des propriétaires privés, bien que majoritaires dans le site, au sein du groupe chargé de l’administration de l’association syndicale : 6 élus, dont un gestionnaire de gîtes, 1 ancien organisateur de circuit touristique (promenades en barque) qui, d’ailleurs, n’a jamais été propriétaire de la moindre parcelle dans le site, 1 organisateur de circuit, puis 1 seul propriétaire...


POUR MEMOIRE

Les hortillonnages, un site historique et environnemental exceptionnel sensible qu'il faut préserver ...

 

 

Introduction

 

Aux portes d’Amiens se sont développés les « hortillonnages », nom exclusif attribué (tardivement) à cette partie de la vallée de la Somme et de l’Avre, où les maraîchers (les hortillons) ont su, très tôt, tirer parti de conditions particulièrement favorables en transformant des marais longtemps considérés comme insalubres en terres cultivables (à condition d’être amendées), propices au développement des cultures maraîchères.

Les hortillons dont la présence est attestée par les archives au XIIIème ont investi ce milieu marécageux, tourbeux, en concevant (et en maintenant sur près de huit siècles) un plan d’aménagement de ce territoire des plus judicieux, adapté aux moyens et au mode d’exploitation de l’époque, créant un paysage singulier : de longues et très étroites parcelles drainées par un réseau de petits canaux (les rieux) greffés sur le cours de l’Avre puis de la Somme, pour la plupart, uniquement accessibles en barque.

 

L’histoire de ce site est véritablement inscrite dans ce paysage façonné par des générations de tourbiers puis de maraîchers. Originalité et pérennité du système d’exploitation des milieux humides, notoriété très ancienne acquise par une communauté à forte identité, font des hortillonnages un des éléments constitutifs de notre patrimoine historique et culturel régional.

 

 

Les marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre, la labellisation « Ramsar » :

Le 18 décembre 2017, Nicolas Hulot alors ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, salua la labellisation des Marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre au titre de la Convention de Ramsar qui garantit la protection des zones humides.  ll précisa à cette occasion: « Ce titre apporte à ce site majeur une valeur mondialement reconnue qui réaffirme l’importance de la préservation des zones humides, écosystèmes indispensables au maintien d’une biodiversité menacée et de la qualité des eaux. Ces espaces jouent un rôle essentiel pour lutter contre les inondations et capter du carbone. Menacés par les activités humaines parmi les sites touristiques les plus visités et les changements globaux, ce sont des espaces à forts enjeux écologiques, économiques et sociaux. Leur protection est indispensable pour aider notre société à faire face au changement climatique ».

 

Avec ses 13 100 hectares, les marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre forment l’un des plus vastes complexes tourbeux alcalins du nord-ouest de l’Europe. Cette zone humide présente l’originalité d’abriter, sur un linéaire de près de 200 km, un continuum écologique de marais tourbeux aux habitats diversifiés (roselières, tremblants, prairies humides…) accueillant une faune et une flore particulièrement riches…

 

Les 6, 7 et 8 novembre 2019, le Conseil départemental de la Somme accueillait à Amiens, le 11ème séminaire national Ramsar, invitant près de deux cents participants à alimenter le débat sur la thématique : « l’Histoire et l’évolution des zones humides en lieu avec les usages anthropiques »

 

Avec ses 300 ha de terre et d’eau, soit 2,5 % de la zone labellisée en 2017 au titre de la Convention internationale Ramsar (1), les hortillonnages concentrent la plupart des questionnements qui ont fait l’objet de débats tout au long du séminaire national tenu à Amiens en 2019 (2)

Nous pouvons les résumer comme suit :

o  Un paysage façonné par des générations de tourbiers et d’hortillons

o  Un exemple étonnant d’exploitation de zones humides avec la création – et surtout son maintien durant près de huit siècles - d’un espace productif essentiellement voué au maraîchage (cultures intensives, optimisation de l’assolement triennal, production des graines, rendement des terres…) qui connaîtra une profonde mutation en évoluant vers un espace à dominante récréative avec la modification de l’occupation des sols et la diversification des usagers.

Suite au retrait progressif des activités maraîchères, la proximité de la ville et la qualité de l’environnement, ont exercé un attrait des citadins qui ont favorisé le développement de terrains de loisirs engazonnés, arborés et fleuris ; l’abandon de certaines terres par ailleurs entraînant le développement de friches devenues de véritables réserves botanique, ornithologique, faunistique…

o  Une gestion rigoureuse de l’eau (de son niveau et de la libre circulation au cœur du site) ; exigeant un entretien régulier du site. Toute variation du niveau de l’eau a systématiquement des répercussions sur celui des eaux dans les hortillonnages. L’envasement des fossés et des rieux provoquerait à terme leur disparition, l’irrigation des sols ne se ferait plus, le relèvement des terrains deviendrait impossible, les risques d’inondations seraient à redouter.

      L’entretien régulier de ces canaux (par curage et faucardage) sera une préoccupation constante au fil des siècles jusqu’à nos jours. L’histoire du site est d’ailleurs ponctuée de multiples doléances émanant des hortillons dont les archives municipales et départementales ont conservé précieusement les écrits. Le législateur a donc été amené à définir régulièrement une réglementation appropriée et un mode d’organisation pour faire face à ces risques.

o  Le maintien d’activités traditionnelles comme la chasse au gibier d’eau (chasse à la hutte), la pêche, les activités nautiques (ex. : régates le long de la Somme) …

o  L’exploitation touristique avec, comme corollaire, l’impérieuse nécessité de veiller à la préservation d’un milieu que l’on sait sensible, face à une « sur fréquentation » du site.

 

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(1) La Convention de Ramsar, officiellement Convention relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats des oiseaux d'eau, aussi couramment appelée convention sur les zones humides, est un traité international adopté le 2 février 1971 pour la conservation et l'utilisation durable des zones humides, qui vise à enrayer leur dégradation ou disparition, aujourd'hui et demain, en reconnaissant leurs fonctions écologiques ainsi que leur valeur économique, culturelle, scientifique et récréative ».

 

(2) Les actes du 11ème séminaire national Ramsar (6 au 8 novembre 2019) ont fait l’objet d’une publication éditée par le Conseil Départemental de la Somme. Sa lecture pourra être complétée par le « Bilan intermédiaire du schéma des espaces naturels de la Somme 2014-2023. Pour une nature préservée et partagée » également édité par le Conseil Départemental.

 

 

 

Aujourd’hui, le site des hortillonnages est devenu le lieu d’usages multiples (économiques, sociaux et culturels) qui n’est pas sans provoquer des tensions voire des conflits entre usagers.

 

La « sur fréquentation » du site est très certainement, sans être la seule, l’une de nos principales préoccupations. Ces dernières années, nous avons vu en effet se multiplier les offres de promenades en barque à l’intérieur du site, tant par des prestataires associatifs que par des prestataires privés. Cette pratique lucrative se développe en l’absence de toute réglementation et sans le moindre cadrage, sans le moindre agrément et, qui plus est, sans la moindre concertation et l’assentiment des principaux concernés, à savoir les propriétaires des parcelles (majoritaires dans le site) qui en subissent les nuisances !

Faut-il rappeler ici que nos hortillonnages constituent un espace majoritairement privé : plus d’un millier de petits propriétaires qui, pour une grande partie d’entre eux, ne peuvent accéder à leurs parcelles qu’en barque.

 

La libre circulation à l’intérieur du site a permis, de fait, le développement anarchique énoncé plus haut. Si on ne peut nier que la promotion touristique du site a été la principale motivation d’une association telle que celle qui intervient à la Maison des hortillonnages depuis 1975 (1), soutenue d’ailleurs par les collectivités locales, on peut s’interroger sur la motivation des autres prestataires, notamment privés. Par ailleurs, force est de constater que l’expansion du projet « Art, ville et paysage » initié en 2010 par la Maison de la Culture d’Amiens (aujourd’hui géré par une association) dont on ne peut nier l’intérêt culturel et promotionnel, soulève aujourd’hui de vives réactions de la part des propriétaires concernés par l’extension du parcours.


1. Le développement anarchique des circuits touristiques...

 

La « sur fréquentation » des Hortillonnages avec le développement anarchique d’offres de promenades en barque tarifées au cœur du site, en l’absence de toute règlementation…

 

Ce sujet a donné lieu, cet été 2022, à une campagne médiatique (France Bleu Picardie, TF1, FR3 Picardie, France info). Il est vrai que la saison estivale est propice à ressortir les marronniers qui viennent combler une actualité faussement moins riche qu’à l’ordinaire.

A quand une véritable réflexion, en dehors de toute polémique, associant l’ensemble des usagers (et surtout les propriétaires !) sur le devenir de nos hortillonnages ?

 

La position de l'association "SOS Hortillonnages" est assez claire :

Nous ne sommes pas, bien entendu, opposés au développement du tourisme (dans un espace cependant majoritairement privé), à condition que celui-ci soit maîtrisé et encadré par une réglementation jusqu’ici inexistante.

Nous pourrions prendre l’exemple de l’ association de protection et de sauvegarde du site et de l’environnement des hortillonnages (APSSEH), la plus ancienne, créée à l’initiative de Nisso Pelossof et, implantée à la Maison des hortillonnages, bld Beauvillé. Les différents présidents qui se sont succédés à sa tête ont bien veillé à ne pas étendre leur circuit et à proposer une prestation honnête, en accueillant les touristes dans une longue barque inspirée de la barque traditionnelle des hortillons - la barque à cornet - encadrés par des guides rompus à la présentation du site et de son environnement. On sait, qu’aujourd’hui, les nouveaux dirigeants cherchent à maîtriser le flux des visiteurs. Ils ont mis en place par exemple un service de réservation en ligne qui a supprimé les longues files d’attente que l’on avait l’habitude de voir le long du trottoir et qui devrait leur permettre de ne pas dépasser une jauge de visiteurs au-delà de laquelle l’accueil ne pourrait être plus assuré sérieusement.

Les hortillonnages comme beaucoup de sites patrimoniaux et environnementaux en France sont victimes de leur succès. Près de 200 000 visiteurs ces dernières années (sauf lors de la période « Covid » !) en ne comptant que ceux qui ont opté pour une promenade en barque à l’intérieur du site (1), plaçant nos hortillonnages parmi les sites les plus visités du département, le second après notre cathédrale.

On peut comprendre l’irritation des propriétaires (et locataires) de petits lopins de terre au cœur du site et tout particulièrement des riverains concernés par les nouveaux circuits !

 

Ce que nous dénonçons en effet, c’est la multiplication, anarchique, des offres de promenades tarifées par des prestataires associatifs et surtout privés qui relèvent d’activités purement commerciales, trouvant là le moyen d’engranger de substantielles recettes, sans pour cela réinvestir, ne serait-ce qu’une partie de celles-ci, dans les travaux et tout particulièrement l’entretien indispensable des canaux, contribuant ainsi à la sauvegarde de ce milieu que l’on sait sensible. Sans se soucier par ailleurs de pénétrer dans un domaine, pour l’essentiel, privé ! …

Certes, ces dernières années, une taxe prélevée sur chaque « visiteur » permet d’abonder un fonds qui permet à l’Association syndicale des Canaux d’Hortillonnages réactivée il y a près de 4 ans (après le retrait des services d’Amiens-Métropole), d’entreprendre chaque année les travaux de curage et de faucardement nécessaires. Encore faut-il que le prélèvement de cette taxe qui repose jusqu’ici sur la base d’une simple déclaration du prestataire, soit effectivement contrôlé et assuré.

Il nous paraît important de bien différencier ce qui relève d’une activité qui concoure, d’une manière ou d’une autre, à l’amélioration du site, à sa conservation, à la sensibilisation des publics et une activité purement commerciale. Aussi, nous pouvons rappeler par exemple que l’ APSSEH met à disposition une équipe compétente, dotée d’un équipement spécifique, pour permettre aux propriétaires de protéger efficacement leurs berges. L’ association du musée des hortillonnages quant à elle s’emploie à rappeler l’histoire de ces générations d’hortillons qui ont su aménager, entretenir et nous laisser en héritage un site historique et environnemental qui, par le passé, n’a pas échappé à de nombreuses amputations.

Encore, pourrions-nous ajouter que, s’il faut respecter les propriétaires (trop souvent écartés des instances « officielles » lors des réflexions abordant la gestion du site ! (2), il faut également respecter les touristes. Nous connaissons plusieurs exemples d’offres plus ou moins juteuses : de petites barques en PVC où se retrouve une douzaine de personnes, sans gilet de sauvetage et devant se satisfaire d’une présentation de nos hortillonnages des plus fantaisistes ! …

 

…/…

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        (1) Il faudrait ajouter ceux qui se retrouvent le long du chemin de halage, ce qui rend parfois la cohabitation difficile avec les joggeurs, les cyclistes, les pêcheurs, sans parler des véhicules qui s’y aventurent sans que leur accès soit réellement contrôlé…

        (2) Comme au sein de l’Association Syndicale des Canaux d’Hortillonnages, réactivée en 2018, où les propriétaires de parcelles s’estiment non seulement peu représentés et surtout privés de toute communication sur la réorganisation de la gestion du site et son entretien…

 

Une enquête menée auprès des propriétaires …

 

Au cours de l’été 2022, notre association a pris l’initiative d’effectuer un sondage auprès d’une cinquantaine de propriétaires, les interrogeant notamment sur le développement des offres de promenades au cœur des hortillonnages.

Les résultats sont sans appel. Une grande majorité se prononce sur la limitation des prestataires (tout particulièrement des prestataires privés), et du nombre de visiteurs dans le site, puis souhaite que l’on réglemente la circulation des embarcations.

 

Enquête de SOS Hortillonnages. Extrait du questionnaire :

Pensez-vous qu’il faille :

 

A2a

Limiter le nombre de prestataires ? 

OUI :   40

NON :    6

b

Associatifs ?

OUI :   23

NON :    20

c

Privés ?

OUI :   34

NON :    10

d

Limiter le nombre de visiteurs dans le site ?

OUI :   33

NON :    11

e

Réduire les circuits proposés ?   

OUI :   19

NON :    13

f

ou les cantonner à des secteurs bien délimités ?  

OUI :   28

NON :    4

g

Réglementer la circulation de leurs embarcations à l’intérieur du site ?   

OUI :   44

NON :    3

 

 

 

OBSERVATIONS DE "SOS HORTILLONNAGES"...

 

à suivre...


2. La création d'une Association Syndicale des Canaux d'Hortillonnages (ASCH)... une longue gestation

       

           à très bientôt pour la suite...